Si la couverture vaccinale pour les vaccins obligatoires est très élevée dans la 1ère année de la vie, elle est par contre déjà insuffisante dans la seconde année de vie. Il est pourtant nécessaire d’arriver à un taux de couverture vaccinale proche de 100 % pour éviter la résurgence de certaines maladies telles que la diphtérie ou la poliomyélite. A ce titre, des évènements survenus en Espagne et en Belgique avec le décès d’enfants en 2015 et 2016 atteints de diphtérie alors que la couverture vaccinale était supérieure à 95 % montrent bien l’importance d’arriver au taux de couverture maximal.

De même, pour le tétanos, l’immunité de groupe ne peut être conférée par le vaccin puisque la contamination se fait à partir de l’environnement et donc pour éradiquer la maladie 100 % des sujets doivent être vaccinés.

Pour les sujets adultes, depuis la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009, les réticences vis-à-vis de la vaccination se sont majorées.

La vaccination contre la grippe saisonnière est très mal perçue ainsi que celle contre l’hépatite B et les infections à Papillomavirus humains (HPV).

En fonction des âges, les réticences varient pour l’une ou l’autre de ces vaccinations. Il est néanmoins important d’amplifier les informations sur cette prévention collective que représente la vaccination pour continuer à pouvoir éradiquer les maladies. Il faut notamment 95 % de personnes vaccinées pour pouvoir éviter la résurgence d’épidémies.

La décision de la Ministre des Solidarités et de la Santé d’étendre l’obligation vaccinale est une mesure importante et positive en terme de santé publique mais fait ressurgir les débats concernant la liberté individuelle et le bénéfice-risque de cet acte.

Il convient donc de renforcer les informations auprès du public pour arriver à le convaincre d’adhérer à cette mesure.

La confiance de la population envers la vaccination pourra augmenter si des informations sont réalisées sur la connaissance des maladies à prévention vaccinale mais aussi peut être si des actions sont menées pour améliorer le parcours pour se faire vacciner. Le reste à charge parfois élevé de certains vaccins peut également être un frein à la vaccination.

Une information bien comprise et un accès facilité à des séances de vaccination pourraient augmenter le taux de sujets vaccinés.

Dans un hors-série d’octobre 2017, le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire a publié une série d’études sur la perception de l’obligation vaccinale auprès de différents groupes de patients et auprès de médecins généralistes. Il y est souligné l’urgence de réinvestir aujourd’hui « le terrain de la communication et de la pédagogie » sur un sujet déjà largement débattu. Parmi les mesures susceptibles de promouvoir efficacement la vaccination, selon les médecins généralistes, figurent en priorité l’utilisation d’un carnet de vaccinations électronique (75% des avis), et des argumentaires sur les bénéfices et les risques de chaque vaccin (79%)

L’activité régulière du Centre de Promotion de la Santé de l’Aisne (CPSA) géré par l’A.N.P.S., répartie sur 12 sites, s’inscrit de longue date dans la politique nouvellement définie.

Le C.P.S.A. propose également des séances de vaccination ponctuelles selon les besoins des structures. Dix-sept séances de vaccination antigrippales ont été planifiées en 2016 pour réaliser des séances ponctuelles dans des structures cibles.

Le C.P.S.A. a poursuivi le rattrapage de la vaccination anti-rougeoleuse, effectuant la deuxième dose aux personnes nées après 1980 et qui n’avaient reçu qu’une dose, plus rarement en effectuant une vaccination complète chez des enfants non vaccinés.

La vaccination contre la coqueluche a été systématiquement proposée aux jeunes adultes, à l’occasion d’un rappel DTP.

Conformément aux nouvelles recommandations, le rattrapage de la vaccination contre la méningite C a été proposé systématiquement aux enfants et jeunes adultes jusqu’à 25 ans, nous avons ainsi réalisé 75 vaccins.

La vaccination contre l’hépatite B a été proposée aux adolescents non vaccinés dans l’enfance, la vaccination des adultes est plus délicate, le CPSA n’étant pas habilité à prescrire les sérologies qui sont indiquées avant la vaccination.

L’information de divers types de public, seconde mission du C.P.S.A en rapport avec les vaccinations, s’est poursuivie en 2016. Nous avons privilégié les publics en précarité et en difficulté dans l’accès aux soins et à l’information médicale. Il apparaît primordial en terme de succès de coupler une séance d’information à une séance de vaccination.

Le CPSA participe bien évidemment à la semaine européenne de vaccination. A cette occasion, nous organisons des expositions avec comme supports « la planète vaccination », la distribution du calendrier vaccinal, de flyers, de ballons et de stylos.

Le CPSA réalise tout au long de l’année des actions de communication par des lettres, affiches, affichages, expositions, envois de flyers, lettres d’information aux mairies et aux communautés de communes, articles dans les journaux, courriers cibles, contacts téléphoniques…

Par le Dr Bernard DIDION, Directeur médical de l’A.N.P.S.

Pour plus d’information, veuillez consulter le site de l’INSERM